Affaires en France : comment ouvrir le statut Auto-entrepreneur (Micro-entreprise) et ne pas se perdre dans les impôts
Pour les étrangers en France, le moyen le plus simple de commencer à travailler à son compte est le statut d’Auto-entrepreneur (Micro-entreprise) — il ne nécessite pas de capital social. Les impôts et les cotisations sociales sont alors payés en pourcentage du chiffre d’affaires, et non sous forme d’un montant fixe indépendant des revenus.
Le Cabinet d'avocats international "Zahist" accompagne l’immatriculation en Auto-entrepreneur et les questions fiscales ultérieures de ses clients en France. Selon notre pratique, c’est précisément au stade du choix entre le versement libératoire et le barème progressif ordinaire que les entrepreneurs perdent le plus souvent de l’argent.
La raison est en général simple : la décision est copiée auprès de connaissances au lieu de calculer sa propre situation — compte tenu de la situation familiale et du chiffre d’affaires attendu, les montants peuvent différer de façon considérable.
Ci-dessous sont détaillées toutes les étapes clés : du choix du format et de l’immatriculation au calcul des cotisations sociales, de l’impôt sur le revenu et aux particularités pour les citoyens ukrainiens.
Entreprendre en France — quels formats sont accessibles aux étrangers
Entreprendre en France est possible sous plusieurs formes juridiques : Auto-entrepreneur (Micro-entreprise), EI ordinaire, EURL ou SAS.
Pour la plupart des étrangers au démarrage, le statut simplifié est optimal — il ne nécessite pas de capital social et permet de commencer l’activité en quelques semaines.
L’EI hors régime Micro-entreprise, l’EURL et la SAS exigent une comptabilité complète et conviennent à ceux qui prévoient dès le départ un chiffre d’affaires important ou l’entrée de partenaires.
| Forme | Comptabilité | Capital social | Responsabilité |
| Auto-entrepreneur | simplifiée | non requis | sur le patrimoine personnel |
| EI (régime ordinaire) | complète | non requis | sur le patrimoine personnel |
| EURL | complète | à partir de 1 euro | dans la limite de l’apport |
| SAS | complète | à partir de 1 euro | dans la limite de l’apport |
Auto-entrepreneur vs Micro-entreprise — quelle différence et pourquoi c’est la même chose
Auto-entrepreneur est l’ancienne dénomination du régime, tandis que Micro-entreprise est le terme officiel utilisé dans les textes depuis 2016 ; en pratique, il s’agit d’un seul et même statut.
La confusion persiste parce que les deux termes figurent encore sur les sites publics et dans le langage courant des entrepreneurs.
Sur le plan juridique, il n’y a aucune différence : les règles d’immatriculation, d’imposition et de cotisations sociales sont entièrement identiques, quel que soit le nom utilisé par un site ou une banque donné.
Petite entreprise en France — qui peut s’immatriculer en Auto-entrepreneur
La petite entreprise en France sous le format Micro-entreprise peut être créée par un résident majeur de l’UE, ainsi que par un étranger titulaire d’un titre de séjour autorisant l’activité indépendante.
Les bénéficiaires de la protection temporaire et de certains autres statuts peuvent s’immatriculer en Auto-entrepreneur si leur autorisation de séjour ne contient pas d’interdiction expresse d’exercer une activité entrepreneuriale.
Les mineurs peuvent également obtenir ce statut avec le consentement écrit des parents, mais en pratique ces cas restent rares parmi les étrangers.
La loi autorise sans restriction le cumul de l’Auto-entrepreneur avec un emploi salarié sous contrat de travail, sauf interdiction résultant des conditions du titre de séjour concerné.
Ce cumul est souvent choisi la première année : un salaire stable réduit les risques tant que la petite activité ne dispose pas encore d’une clientèle et d’un chiffre d’affaires réguliers.
Comment créer une entreprise en France — immatriculation Auto-entrepreneur étape par étape
Comment créer une entreprise en France se comprend le plus simplement par étapes : toute la procédure se déroule sur le portail unique formalites.entreprises.gouv.fr, géré depuis 2023 par l’INPI.
- Créer un espace personnel sur le portail et choisir le type d’activité
- Remplir en ligne la déclaration de début d’activité
- Indiquer l’adresse d’exercice de l’activité et les coordonnées bancaires
- Attendre l’attribution du SIREN et du SIRET
L’immatriculation est gratuite et le délai de traitement est en général de quelques jours à un mois selon le type d’activité et la charge de travail de l’administration.
Pour les professions libérales, le SIREN est généralement attribué en un à sept jours ouvrés, pour l’activité commerciale en trois à dix jours, et pour l’artisanat jusqu’à plusieurs semaines.
Créer sa propre entreprise en France — documents pour un étranger à l’immatriculation
Créer sa propre entreprise en France est possible pour un étranger avec un dossier standard : pièce d’identité, titre de séjour, justificatif de domicile et coordonnées bancaires.
Pour certaines activités — construction, services de beauté, restauration — une preuve de qualification ou d’expérience professionnelle est en outre requise.
En l’absence d’adresse officielle pour le moment, il est possible d’indiquer l’adresse d’une société de domiciliation — pratique légale à laquelle recourent de nombreux entrepreneurs nouvellement arrivés.
La traduction des documents en français n’est pas toujours obligatoire au stade de l’immatriculation, mais elle sera utile plus tard — pour l’ouverture d’un compte bancaire ou les échanges avec l’administration fiscale.
SIRET et SIREN — de quoi s’agit-il et à quoi servent-ils pour l’Auto-entrepreneur
Le SIREN est le numéro à neuf chiffres de l’entreprise elle-même, tandis que le SIRET y ajoute le code de l’établissement d’activité ; les deux sont attribués automatiquement après l’immatriculation.
Le numéro SIRET doit obligatoirement figurer sur toutes les factures et documents — sans lui, il est impossible d’émettre une facture à un client ni d’ouvrir un compte bancaire professionnel.
En cas de cessation ou de suspension d’activité, les numéros ne sont pas totalement supprimés : ils restent dans le répertoire de l’INSEE sous un statut d’archive en cas de contrôles ultérieurs.
Indépendamment du SIRET est attribué le code APE, qui détermine le domaine d’activité principal et est utilisé par les services statistiques et fiscaux.
Après l’obtention des numéros, il convient d’ouvrir sans délai un compte bancaire distinct pour l’activité professionnelle — cela simplifie la comptabilité et est obligatoire au-delà de 10 000 euros de chiffre d’affaires annuel.
Impôts en France pour l’Auto-entrepreneur — comment fonctionne le système
Les impôts en France pour l’Auto-entrepreneur sont assis sur le chiffre d’affaires, et non sur le bénéfice — c’est la principale différence du régime simplifié par rapport à l’imposition ordinaire des sociétés.
Ce système est pratique car il ne nécessite pas une comptabilité complexe : il suffit d’enregistrer les encaissements et de déposer à temps la déclaration de chiffre d’affaires.
Types d’impôts en France pour l’Auto-entrepreneur — quoi et combien payer
Les types d’impôts en France pour ce statut se réduisent aux cotisations sociales et, le cas échéant, à l’impôt sur le revenu — tous deux calculés en pourcentage du chiffre d’affaires.
| Type d’activité | Cotisations sociales 2026 | Versement libératoire |
| Vente de marchandises | 12,3 % | 1,0 % |
| Services (BIC) | 21,2 % | 1,7 % |
| Professions libérales (BNC) | 23,2–25,6 % | 2,2 % |
À ces taux peut s’ajouter la TVA si le chiffre d’affaires dépasse le seuil de franchise — 37 500 euros pour les services ou 85 000 euros pour le commerce en 2026.
Par ailleurs, à compter de mi-2026, l’avantage ACRE pour les nouveaux entrepreneurs est réduit — l’exonération partielle de cotisations la première année passe de 50 % à 25 %.
Pour les professions libérales relevant de la caisse CIPAV s’applique un taux distinct de cotisations sociales plus élevé — 23,2 %, différent de celui des services ordinaires de catégorie BIC.
Le taux exact pour un type d’activité donné doit être vérifié à l’immatriculation, car le code APE peut classer un même service dans des catégories différentes selon la formulation.
Une erreur dans le choix du code APE au démarrage conduit parfois à un trop-perçu de cotisations pendant plusieurs mois, jusqu’à ce que l’entrepreneur s’en aperçoive et dépose une demande de correction.
Versement libératoire — quand cette option est avantageuse et comment l’activer
Le versement libératoire regroupe le paiement de l’impôt sur le revenu et des cotisations sociales en un seul versement et est accessible si le revenu fiscal de référence du foyer n’excède pas le seuil fixé.
La demande d'activation de l'option se dépose auprès de l'Urssaf avant la fin septembre pour qu'elle prenne effet à compter de janvier de l'année suivante.
L'option est avantageuse pour ceux dont l'impôt sur le revenu ordinaire selon le barème progressif serait supérieur au pourcentage forfaitaire, mais elle prive du droit à certaines déductions et avantages fiscaux.
Il est possible de renoncer au versement libératoire chaque année avant la fin septembre si la situation a changé et que le barème progressif ordinaire est redevenu plus avantageux.
Un simple calculateur sur le site de l'Urssaf permet de comparer à l'avance les deux régimes sur la base du chiffre d'affaires attendu et de la situation familiale, sans attendre la fin de l'année.
Cotisations sociales de l'auto-entrepreneur — cotisations sociales
Les cotisations sociales couvrent l'assurance maladie, la retraite et d'autres droits sociaux de l'entrepreneur, et leur montant dépend directement du chiffre d'affaires réel.
En l'absence totale de chiffre d'affaires, aucune cotisation n'est due — contrairement à de nombreux autres pays où la loi impose des paiements minimaux indépendamment des revenus.
La déclaration de chiffre d'affaires est déposée mensuellement ou trimestriellement au choix de l'entrepreneur ; l'intervalle choisi n'affecte que la fréquence des paiements, et non leur montant total.
Les cotisations ouvrent droit à une couverture maladie de base via la caisse primaire d'assurance maladie et constituent progressivement des droits à retraite selon le régime français général.
Outre les cotisations sociales, un petit pourcentage est prélevé séparément au titre de la contribution à la formation professionnelle (CFP) et, pour certaines activités, de la taxe pour frais de chambre consulaire.
Plafonds de chiffre d'affaires de la micro-entreprise — quand passer à un autre régime
La micro-entreprise autorise un chiffre d'affaires allant jusqu'à 203 100 euros par an pour le commerce et jusqu'à 83 600 euros pour les prestations de services et les professions libérales.
En cas de dépassement du plafond deux années consécutives, l'entrepreneur bascule automatiquement vers le régime d'imposition de droit commun, avec une comptabilité standard et la prise en compte des charges réelles.
Un dépassement ponctuel du seuil au cours d'une seule année n'entraîne pas la perte immédiate du statut — la loi prévoit une sorte de période transitoire sur deux années civiles consécutives.
Il est utile d'estimer à l'avance le chiffre d'affaires attendu pour l'année à venir : s'approcher du plafond est le signal qu'il convient de se renseigner en temps utile sur le passage à une autre forme d'organisation.
Que deviennent les cotisations sociales en cas de chiffre d'affaires nul
En cas de recettes nulles pour la période déclarée, la déclaration doit tout de même être déposée, mais le montant des cotisations à payer est égal à zéro — aucune amende n'est prévue à ce titre.
L'omission de la déclaration elle-même, même nulle, entraîne en général une amende ; il faut donc déposer les déclarations dans les délais, qu'il y ait eu des revenus ou non.
Un chiffre d'affaires nul prolongé — deux années consécutives sans aucune déclaration de revenus — peut entraîner la radiation automatique du registre des entrepreneurs en activité.
La suspension temporaire d'activité se formalise par une demande distincte sur le même portail et permet de conserver le statut sans déposer de déclarations nulles chaque mois.
Impôt sur le revenu en France — comment il s'applique à l'auto-entrepreneur
L'impôt sur le revenu en France pour l'auto-entrepreneur est calculé soit via le versement libératoire, soit dans la déclaration d'ensemble des revenus de la personne physique avec les autres revenus du foyer.
Dans le second cas, le chiffre d'affaires est d'abord réduit d'un abattement forfaitaire, puis le montant restant est ajouté aux autres revenus du foyer fiscal.
Le choix entre les deux options doit être recalculé chaque année : en cas de revenus modestes du foyer, le versement libératoire est plus avantageux ; en cas de revenus élevés, le barème progressif ordinaire l'est davantage.
Impôt sur le revenu en France pour les personnes physiques — barème progressif et taux
L'impôt sur le revenu en France pour les personnes physiques est prélevé selon un barème progressif : 0 % jusqu'à 11 600 euros, 11 % jusqu'à 29 579 euros, 30 % jusqu'à 84 577 euros, puis 41 % et 45 %.
- Abattement de 71 % du chiffre d'affaires pour le commerce de marchandises
- Abattement de 50 % du chiffre d'affaires pour les prestations de services BIC
- Abattement de 34 % du chiffre d'affaires pour les professions libérales BNC
Le taux ne s'applique pas à l'ensemble du revenu, mais par tranches — chaque tranche successive est imposée à son propre taux, ce qui réduit la charge fiscale globale.
Le nombre de parts du quotient familial influe directement sur le montant final : un foyer avec enfants paie moins qu'un entrepreneur célibataire ayant le même chiffre d'affaires.
La déclaration annuelle est déposée au printemps de l'année suivante via l'espace personnel sur le site impots.gouv.fr, où les revenus de la micro-entreprise apparaissent sur une ligne distincte.
Impôts en France pour les étrangers — résidence fiscale et ses conséquences
Les impôts en France pour les étrangers dépendent du statut de résident fiscal : le résident déclare l'ensemble de ses revenus mondiaux, tandis que le non-résident ne déclare que les revenus de source française.
L'auto-entrepreneur qui travaille et réside en France de façon permanente est presque toujours reconnu résident fiscal dès la première année complète d'activité.
Le non-résident n'est imposé que sur les revenus d'activité de source française, mais ne peut prétendre à de nombreuses déductions familiales et sociales ouvertes aux résidents.
Le statut de résident ouvre également l'accès au système d'assurance maladie universelle PUMA dès les premiers mois d'activité légale en France.
Impôts en France pour les étrangers — particularités pour les Ukrainiens
Les impôts en France pour les étrangers originaires d'Ukraine obéissent aux mêmes règles générales, mais tiennent en outre compte de la convention bilatérale d'élimination de la double imposition.
La connaissance de ces nuances est particulièrement importante pour ceux qui conservent encore des revenus ou un patrimoine en Ukraine en parallèle d'une activité en France.
Quand un Ukrainien devient résident fiscal en France
La résidence se détermine selon plusieurs critères : le lieu de résidence principale de la famille, le séjour en France de plus de 183 jours par an, l'activité professionnelle principale ou le centre des intérêts économiques.
Il suffit qu'un seul de ces critères soit rempli — il n'est pas nécessaire de les établir tous simultanément.
Le changement de statut survient souvent à l'insu de l'entrepreneur lui-même ; il convient donc de réexaminer périodiquement sa situation, surtout en cas de déménagement de la famille.
La confirmation officielle du statut est l'attestation de résidence fiscale, délivrée le cas échéant par l'administration fiscale française sur demande.
Ce document est souvent exigé par les banques ou partenaires ukrainiens afin de confirmer où l'entrepreneur paie l'impôt sur ses revenus pour l'année en cours.
Double imposition France — Ukraine : comment l'éviter légalement
Entre l'Ukraine et la France s'applique une convention d'élimination de la double imposition qui détermine dans quel pays est imposé chaque type de revenu.
En règle générale, les revenus d'une activité enregistrée en France y sont imposés, et la convention exclut seulement une nouvelle imposition de ces mêmes revenus en Ukraine.
Si une partie des revenus est malgré tout imposée dans les deux pays, la convention prévoit un mécanisme d'imputation de l'impôt déjà payé, et non un simple double prélèvement du même montant.
Pour appliquer la convention en pratique, une attestation de résidence fiscale et la preuve des montants acquittés sont généralement requises — ces documents doivent être conservés de façon systématique.
En cas de changement de résidence en cours d'année, la déclaration fiscale peut parfois devoir être déposée dans les deux pays pour des périodes partielles — il s'agit d'une procédure distincte qui exige de la rigueur.
Assistance juridique pour créer une entreprise en France
Une immatriculation sans les documents français standards, des litiges fiscaux ou le passage à un autre régime sont des situations où il est difficile de s'y retrouver seul et où l'erreur est aisée.
Les juristes du Cabinet d'avocats international "Zahist" aident à choisir entre l'auto-entrepreneur et d'autres formes, préparent les dossiers d'immatriculation et accompagnent la structuration de l'activité.
Nous aidons également à démêler la double imposition entre l'Ukraine et la France et à préparer les documents nécessaires à l'application de la convention lorsque le client conserve des revenus dans les deux pays.
- Vérification du droit à l'immatriculation au regard du titre de séjour en cours
- Choix entre le versement libératoire et le barème progressif ordinaire
- Préparation des dossiers en l'absence d'attestations de revenus françaises
- Accompagnement lors du passage à un autre régime fiscal
Chacun de ces points se résout plus facilement avant le dépôt de la demande qu'après un refus ou une erreur dans une déclaration.
Si vous envisagez d'enregistrer un statut en France et souhaitez connaître à l'avance la charge fiscale, contactez Le Cabinet d'avocats international "Zahist" — nous analyserons votre situation lors d'une consultation.
La consultation initiale permet de choisir le format optimal dès le départ et d'éviter une surimposition ou un refus d'immatriculation pour des erreurs formelles.
Nous accompagnons les clients à distance et en présentiel ; une consultation est donc possible avant même le déménagement en France ou après le début de l'activité sur place.