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Passage de la protection temporaire au statut de réfugié ou à la protection subsidiaire en France

La législation française permet le passage de la protection temporaire au statut de réfugié ou à la protection subsidiaire à tout moment — le titulaire d’une APS peut déposer une demande d’asile sans perdre son statut en vigueur pendant l’examen de la demande.

Le Cabinet d'avocats international "Zahist" dispose d’une représentation en France et aide ses clients à évaluer s’il convient, dans une situation donnée, de passer de la protection temporaire à un statut individuel. Notre expérience montre qu’une décision prise sur la base d’une analyse détaillée de la région d’origine et des circonstances personnelles aboutit bien plus souvent à un résultat favorable qu’un dépôt de demande au hasard.

Base juridique du passage : article L581-4 du Ceseda

L’article L581-4 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile consacre expressément le droit du titulaire de la protection temporaire d’exercer simultanément le droit de déposer une demande d’asile.

Pendant toute la durée d’examen de la demande, la personne reste soumise au régime de la protection temporaire et, en cas de refus d’asile, elle conserve la protection temporaire tant que ce régime continue de s’appliquer au niveau de l’Union européenne.

Si l’OFPRA ou la CNDA accordent le statut de réfugié ou la protection subsidiaire, ce nouveau statut remplace entièrement la protection temporaire et devient le principal titre justifiant le droit de séjour.

Comment se déroule le passage en pratique

Le titulaire d’une APS s’adresse à la structure de premier accueil (SPADA) et enregistre sa demande au guichet unique pour demandeurs d’asile (GUDA), puis dépose dans un délai de vingt et un jours un dossier complet auprès de l’OFPRA.

Pendant l’examen de la demande, l’APS en cours reste valable et est renouvelée selon les règles générales, de sorte que le titulaire du statut ne perd ni le droit de travailler ni la couverture maladie.

Notre expérience montre que la conduite parallèle des deux procédures — le renouvellement de l’APS et l’examen de la demande d’asile — exige un contrôle attentif des délais, afin qu’aucun des documents ne perde sa validité par négligence.

Région d’origine et pratique de la CNDA en matière de protection subsidiaire

La Cour nationale du droit d’asile (CNDA) a examiné de manière constante des affaires concernant des ressortissants ukrainiens, et sa pratique varie sensiblement selon l’oblast d’origine du demandeur.

Catégorie d’oblastsExemples d’oblastsPosition de la CNDA
Violence indiscriminée d’intensité exceptionnelleDonetsk, Louhansk, Zaporijjia, Kharkiv, Mykolaïv, Dnipropetrovsk, Khersonla protection subsidiaire est accordée automatiquement à tous les originaires de ces oblasts
Violence présente, mais non d’un niveau exceptionnelOdessa, Khmelnytskyï, Vinnytsia, Volhynie, Jytomyr, Poltava, Soumy, Tchernihiv, Rivne, Lviv, Ternopil, Transcarpatie, Tcherkassy, Kirovohrad, Kievil faut prouver des facteurs de risque individuels — isolement, âge, état de santé

Cela signifie que le succès d’une demande de protection subsidiaire dépend largement de l’oblast précis d’origine du demandeur, et non seulement du fait général de la guerre en Ukraine.

L’incidence d’une demande déposée dans un autre pays de l’UE

Si le demandeur a déjà déposé une demande d’asile dans un autre État de l’Union européenne, les autorités françaises le vérifient via le système Eurodac et peuvent appliquer la procédure Dublin de transfert du dossier vers l’État compétent.

Pour les titulaires de la protection temporaire, de tels cas sont rares, car le statut est généralement délivré dans un seul pays de séjour ; la vérification est néanmoins effectuée lors de l’enregistrement au GUDA.

Notre expérience montre qu’il est préférable que les demandeurs informent à l’avance le conseiller de toute démarche antérieure auprès d’autres États de l’UE, afin d’éviter des retards inattendus lors de l’enregistrement de la demande.

Statistiques des passages : combien d’Ukrainiens obtiennent une protection

Le nombre de demandes d’asile déposées par des ressortissants ukrainiens augmente chaque année : en 2022, l’OFPRA a enregistré 1 770 demandes, en 2023 — 3 430, et en 2024 le nombre a quadruplé par rapport à l’année précédente pour atteindre 11 800 premières demandes.

Selon les données officielles, en 2024, 6 923 ressortissants ukrainiens ont obtenu une protection internationale, contre 2 350 l’année précédente.

La Cour nationale du droit d’asile a rendu en 2024 187 décisions sur des recours d’Ukrainiens, dont 77 se sont soldées par l’octroi d’une protection — 15 ont obtenu le statut de réfugié et 62 la protection subsidiaire.

Ce qui change dans les droits après l’obtention de la protection

Au lieu d’une APS de six mois, le titulaire du statut de réfugié reçoit une carte de résident de dix ans, et la personne bénéficiant de la protection subsidiaire — une carte pluriannuelle pouvant aller jusqu’à quatre ans.

Ces documents ne dépendent pas des décisions ultérieures du Conseil de l’UE relatives à la protection temporaire ; le statut devient ainsi nettement plus stable et durable que le renouvellement régulier de l’APS.

En outre, s’ouvre l’accès à une procédure simplifiée de regroupement familial et à un titre de voyage en lieu et place du passeport national.

Risques du passage : pourquoi il convient de peser la décision

L’examen d’une demande d’asile dure généralement plus longtemps qu’un simple renouvellement d’APS et ne garantit pas un résultat favorable, surtout pour les demandeurs originaires d’oblasts où la CNDA ne reconnaît pas un niveau de violence exceptionnel.

Notre expérience montre que le dépôt d’une demande sans analyse préalable de la région d’origine et des circonstances individuelles aboutit souvent à un refus, alors que la protection temporaire serait restée en vigueur même sans cette procédure.

C’est pourquoi la décision de passer à un statut individuel doit reposer sur une évaluation réaliste des chances, et non seulement sur le souhait d’obtenir au plus vite un statut plus stable.

Comment préparer les facteurs de risque individuels pour les oblasts sans protection automatique

Pour les demandeurs originaires d’oblasts où la CNDA ne reconnaît pas une violence d’intensité exceptionnelle, la preuve documentaire des circonstances individuelles qui accroissent le risque personnel en cas de retour est déterminante.

  1. Isolement et absence de parents ou de connaissances susceptibles d’apporter un soutien en cas de retour.
  2. Âge avancé ou autres facteurs limitant la capacité à pourvoir soi-même à sa sécurité.
  3. État de santé nécessitant un suivi médical permanent indisponible dans la région d’origine.
  4. Statut de parent isolé avec des enfants mineurs sans le soutien de l’autre parent.

Notre expérience montre que la combinaison de plusieurs de ces facteurs dans une même affaire renforce considérablement la force de conviction de la demande, même pour des oblasts où il n’existe pas de reconnaissance automatique de la protection subsidiaire.

Erreurs typiques lors du passage à un statut individuel

L’erreur la plus fréquente consiste à déposer une demande d’asile sans tenir compte de la pratique de la CNDA relative à l’oblast d’origine précis du demandeur.

Un autre problème courant est le relâchement de l’attention portée au renouvellement de l’APS, par conviction que la demande d’asile résoudra automatiquement et plus rapidement la question du statut.

Notre expérience montre que les demandeurs qui préparent en parallèle des preuves de risque individuel — état de santé, situation familiale, absence de soutien en cas de retour — ont des chances nettement plus élevées d’obtenir une décision favorable de la CNDA.

Rôle de l’avocat au stade du recours devant la CNDA

Si l’OFPRA refuse d’accorder une protection, la décision peut être contestée devant la CNDA ; à ce stade, la participation d’un avocat est particulièrement importante pour les oblasts sans reconnaissance automatique de la protection subsidiaire.

L’avocat aide à structurer les facteurs de risque individuels conformément à la pratique actuelle de la Cour et à préparer des preuves complémentaires qui n’avaient pas été présentées lors de l’entretien à l’OFPRA.

Notre expérience montre que les dossiers préparés en tenant compte des dernières décisions de la CNDA relatives à l’oblast d’origine concerné ont des chances nettement plus élevées d’obtenir une révision de la décision en faveur du demandeur.

Point de vue d’expert : quand le passage est justifié

L’analyse de nos dossiers montre que le passage à un statut individuel est le plus souvent justifié pour les demandeurs originaires d’oblasts où la CNDA a déjà reconnu une violence d’intensité exceptionnelle, ou en présence de facteurs de risque individuels substantiels.

Pour les autres demandeurs, la protection temporaire demeure le plus souvent la solution optimale tant que ce régime continue de s’appliquer au niveau de l’Union européenne.

Nous recommandons, avant de déposer une demande d’asile, de consulter un spécialiste afin d’évaluer de manière réaliste les chances de succès au regard de la pratique actuelle de la CNDA pour l’oblast concerné.

Quand est-il préférable de déposer une demande d’asile

Le moment optimal pour déposer une demande ne dépend pas de la durée de validité de l’APS en cours, mais de la capacité à rassembler des preuves convaincantes — oblast d’origine, circonstances individuelles, documentation disponible.

Un dépôt précipité sans préparation aboutit souvent à un refus, alors qu’une approche plus réfléchie, avec une consultation préalable, permet de présenter un dossier plus solide même avec un certain délai.

Le Cabinet d'avocats international "Zahist" dispose d’une représentation en France et aide ses clients à évaluer de manière réfléchie les perspectives de passage à un statut individuel de protection, en tenant compte de l’oblast d’origine et de la pratique actuelle de la CNDA.

Une consultation individuelle permet de planifier précisément le passage de la protection temporaire au statut de réfugié ou à la protection subsidiaire et d’éviter le dépôt d’une demande sans chances réalistes d’obtenir une décision favorable.

Chaque affaire présente ses propres particularités — oblast d’origine, circonstances individuelles, preuves disponibles — c’est pourquoi une analyse détaillée de la situation avec un spécialiste demeure le moyen le plus fiable de prendre une décision éclairée.

Plus le demandeur comprend précisément la pratique actuelle de la CNDA dans son domaine avant même le dépôt de la demande, plus il évalue de manière réaliste ses propres chances d’obtenir une décision positive.

Questions fréquentes

01 Peut-on déposer une demande de statut de réfugié ou de protection subsidiaire sans perdre la protection temporaire (APS) en France ?
Oui. L’article L581-4 du Ceseda permet au titulaire d’une APS de déposer une demande d’asile à tout moment, sans perdre la protection temporaire en cours pendant l’examen. En cas de refus de l’asile, l’APS est maintenue tant que le régime de protection temporaire de l’UE s’applique. Le Cabinet d'avocats international "Zahist" aide à évaluer l’opportunité d’une telle démarche dans votre situation.
02 Comment se déroule en pratique le passage de l’APS à une protection individuelle ?
Il faut s’adresser à la SPADA, enregistrer la demande au GUDA, puis déposer le dossier complet auprès de l’OFPRA dans un délai de 21 jours. Pendant l’examen, l’APS reste valable et est renouvelée selon les règles générales, de sorte que le droit au travail et la couverture maladie ne sont pas perdus. Le Cabinet d'avocats international "Zahist" accompagne la conduite parallèle des deux procédures et le suivi des délais des documents.
03 La chance d’obtenir la protection subsidiaire dépend-elle de la région d’origine en Ukraine ?
Oui. La CNDA accorde automatiquement la protection subsidiaire aux personnes originaires de régions où règne une violence indiscriminée d’une intensité exceptionnelle (notamment Donetsk, Louhansk, Zaporijjia, Kharkiv, Mykolaïv, Dnipropetrovsk, Kherson). Pour les autres régions, des facteurs de risque individuels sont nécessaires. Les spécialistes du Cabinet d'avocats international "Zahist" analysent la région et les circonstances avant le dépôt de la demande.
04 Qu’est-ce qui change dans les droits après l’obtention du statut de réfugié ou de la protection subsidiaire ?
Au lieu d’une APS de 6 mois, le réfugié reçoit une carte de résident de 10 ans, et la personne bénéficiant de la protection subsidiaire une carte pluriannuelle allant jusqu’à 4 ans. Le statut ne dépend pas des décisions du Conseil de l’UE sur la protection temporaire et ouvre la voie à un regroupement familial simplifié ainsi qu’à un titre de voyage. Le Cabinet d'avocats international "Zahist" conseille sur l’exercice de ces droits en France.
05 Quels sont les risques et les erreurs typiques lors du passage de la protection temporaire à l’asile ?
L’examen dure plus longtemps que le renouvellement de l’APS et ne garantit pas un résultat positif, surtout sans analyse de la région d’origine et des circonstances individuelles ; un refus n’annule pas l’APS, mais fait perdre du temps. Il convient d’informer à l’avance des demandes antérieures dans d’autres pays de l’UE via Eurodac/Dublin. Le Cabinet d'avocats international "Zahist" recommande une décision réfléchie fondée sur une évaluation réaliste des chances, et non seulement sur le souhait d’un statut plus stable.
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